direction artistique
Urszula Mikos
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Olivier Cohen
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Hérodiade (en projet)
La révolte est-elle possible ?
La plus belle réussite de la barbarie est de nous faire croire qu’elle n’existe pas- voire qu’elle est tout bonnement « une culture ». J-C Guillebaud.
L’homme a non seulement éradiqué les mythes, liquidé la théologie, mais également coupé la voie qui le conduisait à l’essence des choses, y compris à son essence propre. Le résultat, autrement dit la malédiction des temps présents, devient la déréliction de ce nouvel être : l’homme jeté là, condamné à une vie inauthentique où rien n’échappe plus au désir de consommer et de contribuer à la gigantesque transmutation de tout le réel en monnaie d’échange… d’une certaine manière, on se demande si le rêve de l’homme d’aujourd’hui, de l’homo oeconomicus n’est pas de partager l’existence de Mickey, Pluto, Minnie, et de vivre dans un Disney world où le confort extérieur sert de décor flatteur, de compensation à l’indigence intérieure.
L’idéologie économique dominante dans nos démocraties libérales se construit sur l’hypothèse d’un individu intégral, c’est à dire autonome et affranchi de tout lien autre que juridique. Cette valeur, cet archétype du moi auto-fondé et délié de toute contrainte, apparaît comme ce dont la société marchande a besoin pour assujettir les consciences à sa logique.
Or cet individu émancipé, libre dans ses choix face au marché apparaît de plus en plus comme une fiction. On pourrait même dire qu’il ne s’agit que d’une construction idéologique, à peine capable de dissimuler le vide contemporain de la pensée… le prétendu sujet politiquement souverain est en fait un objet économiquement castré, n’ayant d’autre choix que se couler dans le modèle proposé, de se prêter à l’inflation narcissique de la réussite ou sinon de se « suicider ».


Comédie Non Divine
Le plaisir facile du voyeurisme et de l’autosatisfaction - il n’existe ainsi rien de plus démoralisant qu’un théâtre fier de lui, d’un public qui applaudit lorsqu’on vient de flatter ses tendances et par là de le tromper. Pensant à l’époque nazie, Bond écrivait que tout uniforme appelle la nudité... le plaisir trompeur appelle à des somnolences et à la dissolution de l’être, l’engagement fanatique nous évoque les stades et la nudité des cadavres…
…L’aspect hallucinatoire de la mise en scène doit donc niveler la frontière entre ce qui est vrai et ce qui est faux, entre fiction et réel, entre rêve et veille: suis-je en train de regarder ou suis-je regardé ? Qui possède le pouvoir sur qui ?
L’utilisation de la caméra provoquera l’impression de la surveillance omniprésente d’un œil extérieur, la sensation constante d'une oppression. Le comédien dans cet univers ne peut avoir de repos même s’il se trouve dans les coulisses : il sera épié, même s’il ne joue pas, même s'il « est » tout simplement, tout devenant nécessairement observable et objet d’observation.
La mise en scène s’attachera à interroger les limites de la liberté de l’homme, dans un monde médiatisé et contrôlé où les rêves eux-mêmes ne peuvent plus rester privés, où la révolution et la destruction elles-mêmes sont programmées.
Les scènes brèves, marquées par la rapidité du mouvement, les changements, les passages du fantastique au quotidien, du contemplatif au macabre, au grotesque provoquent aussi une réflexion sur la complexité du jeu : un éclectisme s’impose. Un jeu presque cinématographique - où les acteurs évoluent comme de personnes privées (en apparence) qui semblent habiter la scène - permettra ainsi de pénétrer dans le monde sensible et intérieur du personnage, sa pensée, son monologue intérieur. Un jeu plus formel, jouant de la dépersonnalisation, ouvrira les questions fondamentales de la perte d'identité au profit d'un langage, d'une passion ou du poids de l'histoire. La confrontation entre ces types d’incarnation : corporel, énergétique, formel, distancié donnera ainsi l'impression de prendre une position intérieure et de voir, de vivre avec ses yeux, de connaître ses différents états de conscience et ses divers rapports au monde.
Dans un tel spectacle, la mise en scène se doit d’interroger les limites du théâtre. Elle se doit également de questionner la place du comédien dans le théâtre, un comédien oscillant entre réalité et représentation, entre authentique et artificiel, entre véracité et création, entre liberté et enfermement… et ainsi replacer la question du jeu de l’acteur au centre même de la représentation…

Trio
….Mais plus encore, le théâtre de Schaeffer tient son exceptionnelle cohérence de la conception même du comédien, que la mise en scène s’attachera à interroger et illustrer : un comédien à la fois instrument et instrumentiste, objet même de la dramaturgie, placé dans des situations qu’il doit explorer ou résoudre. Les personnages de Trio auront ainsi pour première tâche d’être là, de chercher à exister dans l’espace du théâtre; le drame consistant en leurs efforts et leurs tentatives de dialoguer ou de créer. Dans ce type de théâtre, l’acteur apparaît comme l’objet de la dramaturgie et se trouve placé dans une situation qu’il doit explorer ou résoudre, de manière obsessionnelle et nécessaire. Plus encore, il semble livré à lui même dans l’espace concret du théâtre. Ses moyens de jeu - qu’il s’agisse d’invention, d’émotion, de souplesse mentale ou corporelle - sont sans cesse mobilisés et mis en question, avec ce que cela implique de jeux, de dévoiements, de parodies, d’explorations… amenés au bout d’eux mêmes, les acteurs de Schaeffer révèlent leur humanité autant que leur irréductible lien à l’espace théâtral.

Machine à désespoir
…Thomas Bernard invente une transcription musicale de son angoisse ». On se trouve alors comme chez Kantor à la frontière entre les décharges et les espaces infinis, les deux univers qui voisinent en l’homme. Il y a également dans cet univers une matière théâtrale extrêmement riche qui permet de rapprocher théâtre et musique, à travers des variations, des successions de litanies, - avec pause - silence - tension, des respirations atypiques - une musique complexe des nos émotions. Thomas Bernhard n’apparaît pas une histoire mais tout simplement l’effort d’exister


3x1
Urszula Mikos interroge le caractère fragmentaire des hommes devenus somnambules et de leur monde, l’incessante transformation de l’être sous les chutes lentes ou accélérées des impressions et des images qui nous assaillent en permanence - bombardement crépitant des sensations venues de l’extérieur ; elle essaie de cerner la surface vibratile de l’être dans ses zones de plus grande réceptivité où mémoire et perception jouent ensemble en toute liberté. Au niveau de la représentation, ce désir se traduit par la volonté de jouer sur la perception: aller de l’éloignement d’un monde imagé vers un rapport de plus en plus direct, de la tromperie hallucinatoire à l’irruption de la vie, en finissant par un rapport très particulier, à la limite du théâtre…une conférence.
Fascinée par les antihéros, les personnages aux énergies insolites -ceux qui par peur de la vie se réfugient dans leur univers mental ou au contraire cherchent à meubler leur espace vital à chaque moment – Urszula Mikos tente toujours d’explorer des énergies atypiques, décalées, déviées par la solitude, la société, enfermement physique ou mental, et d’aborder les questions du pouvoir, de la manipulation, de l’influence des éléments extérieure sur l’être..
Fascinée par les antihéros, les personnages aux énergies insolites -ceux qui par peur de la vie se réfugient dans leur univers mental ,ou au contraire cherchent à meubler leur espace vital à chaque moment – Urszula Mikos tente toujours d’explorer des énergies atypiques, décalées, déviées par la solitude, la société, enfermement physique ou mental, et d’aborder les questions du pouvoir, de la manipulation, de l’influence des éléments extérieure sur l’être. Dans ses recherches et expérimentation théâtrales, elle interroge également leur manière de se manifester dans le geste et la parole. Dans son travail, grâce à la musicalité, au rythme, à l’état, et à la respiration, la recherche d’une logique organique , et “métaphysique”… elle essaie de comprendre et d’atteindre ces différents types d’énergie.

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